DOSSIER GAIN DE TEMPS • ÉPISODE 06
Capsulite rétractile, comment gagner du temps tout en étant efficace ?

Dans les premiers épisodes de ce dossier sur le gain de temps, nous vous avons présenté divers équipements permettant de gagner en efficacité et en rapidité dans vos traitements au quotidien. Dans cet acte final, nous allons vous expliquer comment combiner l’ensemble des équipements évoqués à travers un cas concret, celui de la capsulite, récurrente au sein des cabinets.

La capsulite est une des pathologies les plus complexes à traiter, en raison de son évolution très lente et nécessite des ajustements fins, propres à chaque patient, notamment dans la phase inflammatoire initiale, où chaque patient réagit différemment. A tel point qu’une lassitude peut s’installer du côté du patient comme du thérapeute. L’utilisation de différents outils permet de casser cette routine. L’utilisation d’appareils mains-libre (Game Ready ou teslathérapie, voire Winback pour la partie mobilisation active) ou permettant un traitement très rapide (R-SHOCK) permet de se dégager du temps sur cette pathologie très chronophage pour le thérapeute.

La capsulite rétractile de l’épaule correspond à une rétraction et un épaississement des parties inférieures et antérieures de la capsule articulaire. Cela se traduit par une limitation progressive des amplitudes, associée à une douleur.

Fréquente après l’âge de 40 ans, la capsulite s’installe souvent d’emblée, mais peut aussi être consécutive à un traumatisme (contusion, fracture, luxation), surtout s’il a été suivi d’une immobilisation prolongée. La guérison spontanée survient dans un délai de 12 à 24 mois. Son évolution se fait toujours selon le même processus, en 3 phases : une première phase inflammatoire, avec des douleurs à recrudescence nocturne puis une deuxième phase correspondant à la rétraction de la capsule et enfin une troisième phase dite de récupération (souvent complète ou quasi-complète) (Redler et al., 2019). Dans 50% des cas, les causes ne sont pas clairement identifiées. Or, nous savons que le stress et la fatigue sont des facteurs favorisant son apparition, ce qui permettrait d’expliquer la recrudescence actuelle de demande de soins kinésithérapiques pour cette pathologie.

Première phase : inflammatoire douloureuse

Lors de cette première phase, la majeure partie du traitement consiste à contenir l’inflammation et diminuer la douleur. C’est souvent la plus compliquée à gérer tant pour le thérapeute que le patient car elle est souvent très longue, et le thérapeute peut se sentir démuni et inefficace face à un patient qui se plaint beaucoup de la douleur et qui formule de demandes de soulagement. La cryothérapie compressive Game Ready s’avère alors très utile par ses vertus antalgiques (Bellon et al., 2019) et anti-inflammatoires (Baranes et al., 2020), mais aussi pour son côté mains-libres. La facilité d’installation et d’utilisation en font un sérieux atout lors de cette phase longue et difficile.

R-SHOCK permet également des traitements rapides et peut apporter une antalgie ciblée, soit avec le mode PULSE (antalgie de type endorphinique) ou PULSE+ (antalgie rapide). Ses deux modes antalgiques permettent de personnaliser et d’ajuster en fonction de l’état du patient (désensibilisation rapide ou antalgie plus durable). Dans le cas où le patient n’est pas exactement en phase inflammatoire, il sera possible d’utiliser le mode SWAP et d’ajuster la proportion de TECAR (diathermie) et de PULSE (antalgie).

Deuxième phase : rétraction

Lors de cette phase, le traitement consiste à préserver au maximum les amplitudes articulaires. Une lassitude peut s’installer ici car il n’y a que peu d’évolution lors de cette phase. L’utilisation de R-SHOCK ou de la teslathérapie permet toutefois d’obtenir une évolution rapide au cours de la séance, effet positif pour le patient qui voit un changement. Les mobilisations sont rendues difficiles et douloureuses, en partie à causes des contractures musculaires de défense.

Pour cela, R-SHOCK, grâce à sa diathermie ciblée, permettra de libérer les différents points de tension rapidement et sans douleur. Le mode SHOCK permet, par salves de 4 secondes, de libérer en moins d’une minute les tensions au cœur du trigger point.

De plus, la pathologie étant devenue chronique à ce stade, la teslathérapie permettra de relancer le métabolisme cellulaire tout en ayant un effet antalgique (Galace de Freitas et al., 2014) afin de raccourcir cette phase de rétraction capsulaire. Cette méthode de traitement, grâce à son champ magnétique pulsé, est un allié de taille pour recréer les conditions électriques nécessaires au bon fonctionnement des cellules, rentrées dans un état pathologique chronique. De plus, les contractions rythmiques vont générer un léger pompage articulaire, permettant d’entretenir la trophicité capsule-ligamentaire, sans effort de la part du praticien ni du patient !

Plus globalement, la teslathérapie est l’équipement tout-en-un adéquat pour le traitement de la capsulite rétractile, et ce sur quatre niveaux :

– Cellulaire : relance métabolique en récréant les conditions électriques nécessaire au bon fonctionnement des cellules, accélération des échanges ioniques, d’ATP et d’O² (Pall, 2013).

– Neurologique : action antalgique profonde grâce au courant induit par le champ magnétique pulsé (Beaulieu et al., 2015).

– Musculaire : action décontracturante ou lutte contre l’amyotrophie (recrutement des muscles profonds inatteignables en électrothérapie classique) en fonction des besoins du patient.

– Articulaire : amélioration de la trophicité articulaire et périarticulaire.

Troisième phase : récupération

Lors de cette phase, le but est de retrouver les amplitudes articulaires au plus vite en libérant les adhérences et rétractions développées dans les phases précédentes.

Les équipements Winback et/ou R-SHOCK pourront être utilisés dans le but de casser les adhérencesrelâcher les fascias et les tensions musculaires, mais aussi contribuer à la revascularisation de la capsule et faciliter la mobilisation articulaire (Paolucci et al., 2019).

R-SHOCK s’avèrera très utile pour travailler sur les trigger points (Kazalakova, 2013) mais aussi sur les éventuelles fibroses.

Le mode 3.0 de la Winback permettra un focus articulaire, avec l’utilisation des deux électrodes mobiles (mode RET) autour de l’articulation. L’objectif sera de favoriser la vascularisation de la capsule et de faciliter la mobilisation articulaire. Le gain articulaire par un travail actif pourra alors se faire plus facilement grâce à un montage 2.0 (une plaque adhésive RET et une adhésive retour).

Ensuite, le Fascia Tool (accessoire compatible R-SHOCK et Winback) pourra être appliqué sur des zones telles que le trapèze, le deltoïde ou le muscle grand dorsal pour casser les adhérences fasciales et restaurer les plans de glissement.

Enfin, ce montage en 2.0 pourra être complété par la pose de ventouse sur les zones de tension et de rétraction, afin de créer un focus sur ces différents points.

Etude de cas

Nous avons d’ailleurs comparé le gain en amplitude en flexion et rotation externe ainsi que le niveau de douleur avec et sans Winback. Les thérapeutes étaient libres d’utiliser les techniques qu’ils voulaient, seule contrainte : faire une séance avec et une sans Winback.

Sur les 11 cas, nous avons pu noter, pour 10 patients, un gain en amplitude avec Winback supérieur aux traitements sans Winback, avec un gain moyen de 24,7% contre 16,3% en flexion soit une différence moyenne de 8,45% en faveur de Winback.

La rotation externe a quant à elle été étudiée sur cinq patients. Pour celle-ci, le gain moyen avec Winback est de 47,2%, contre seulement 23,8% sans Winback, soit une différence de 23,4%.

D’un point de vue antalgique, avec l’aide de Winback, nous pouvons noter une diminution moyenne de 1,7 points sur l’échelle EVA contre seulement 0,6 points sans Winback. Les résultats sont très positifs puisque chez tous les patients, nous avons constaté un bénéfice en termes d’amplitude et d’antalgie.

A travers ce dossier, nous espérons vous avoir aidé au mieux afin de trouver de nouvelles façons de faire face à l’évolution de votre activité quotidienne, d’éviter d’être débordés et de répondre de la manière la plus efficiente à la demande croissante de soins. N’oubliez pas : si les outils mis en avant vous aideront à gagner du temps, ceux-ci ne sont qu’un complément et ne sauraient se substituer à votre savoir-faire !

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